traversée de l'Océan Pacifique, retour

Jeudi 27 juin

Tempête, nous sommes en zone jaune sur la carte météo avec des vents très forts (3 barbules= tirets ). La mer est mauvaise depuis hier soir, il y a beaucoup d'embardées et c'est dangereux de sortir. Je filme de la passerelle. La mer est très agitée, impossible de rester debout sans attaches.

Tous les marins s'accrochent et marchent penchés à 30°. Ne pouvant pas sortir l'équipage reste à l'intérieur et s'occupent au nettoyage des portes, cloisons... J'écris tout en me tenant au bureau.

A lors que l'étrave est encore en l'air ,une deuxième vague éclate sous la coque à hauteur du mât de misaine projetant les embruns par -dessus la proue .

La mer inonde le gaillard et la plage avant mais le Hansa se redresse courageusement à l'assaut du Pacifique Sud,dans les "quarantièmes rugissants"

28 et 29 juin

Nous croisons les baleines, (21'037° S et 146' 44' 5 W) je m'installe sur le pont près de la cheminée à l'abri du vent.

Dimanche 30 juin

 Jour du 'barber' pour tous par le bosco qui réalise vraiment de belles coupes. Le soir',buffet énorme avec une grande variété de plats.

Lundi 1er juillet

Beaucoup de vent, mer agitée, des moutons, température à l'ombre 27°.

 Mardi 2 juillet

(130° 4) même temps que lundi, je récupère les produits ménagers déposés devant ma cabine pour une grande lessive,  ce soir. J'apprécie toujours l'atmosphère, la quiétude qui règne à bord.

 

Surprise! un navire ressemblant à un grand bateau de pêche avec sa coque noire,?. c'est la 1ere fois que l'on aperçoit un navire et le commandant est très étonné et intrigué. Il n'est pas possible que ce soit un bateau de pêche aussi loin.

 

Je pense alors au navire entièrement peint en noir de Sea sheperd du Commandant Watson qui sillonne le Pacifique Sud pour stopper le massacre des baleines entre autres. J'apprécie ses films que j'ai pu suivre sur la chaîne de télévision RMC découverte.

Mercredi 3 juillet

La mer est agitée, de gros moutons et toujours beaucoup de vent, le commandant ne cache pas son inquiétude parce que avec cette mer démontée il faut réduire la vitesse pour stabiliser le navire et diminuer le fort tangage; en effet, on entend l'hélice hors de l'eau qui tourne dans le vide ce qui provoque des à coups et de fortes embardées

Jeudi 4 juillet

Tempête encore et dangers dans les escaliers, il faut rester vigilant car les embardées ne préviennent pas.

Vendredi 5 juillet

 Marcher sur le pont est impossible, il y a un vent à ne pas tenir debout. Puis la mer se calme, j'en profite pour discuter avec l'équipage.

Samedi 6 juillet

Journée barbecue avant le passage du canal de panama. Je décide de passer l'après-midi sur le pont arrière avec les Philippins et participer aux préparatifs.

 

Sous un soleil de plomb, les uns se relaient pour la cuisson du cochon pendant que d'autres installent les bancs et tables à l'arrière du château. Toile cirée à punaiser...

A 17h, le cochon est prêt. A chacun sa bouteille de bière et tous s'attroupent autour du plat vedette avec tous les autres plats concoctés par le cuisinier.;. ça fait plaisir de voir tout l'équipage réuni pour ce festin.

C'est le commandant qui s'attelle au découpage et chacun se sert ensuite.

 

 A table la hiérarchie est respectée, rien ne manque: excellents vins, whisky, beaucoup de plats. C'est un délice! Et l'on goûte les vins à la mode russe; pour moi idem mais des mini gorgées. L'ambiance est très chaleureuse, c'est un régal et j'aimerais bien que mes proches soient là.

Quel bonheur de vivre ces moments avec cet équipage attachant et ce navire  qui me manquera.

Vers 19h30 les marins s'éclipsent peu à peu pour le travail ou pour un repos bien nécessaire. Mais invitée par les officiers qui ont fini leur quart, je reste donc avec le cadet de 19 ans, les officiers mécaniciens qui veulent aussi me faire profiter de leur savoir faire culinaire. Je frise l'indigestion mais je tiens à ne pas les vexer aussi je goûterai ces belles cuisses de poulet, les côtes de porc, les poissons et moules mis de côté par le cuistot, le tout arrosé de bières, whisky, vodka et à la russe; je participe mais reste sobre et j'apprécie pleinement d'être acceptée dans une ambiance débonnaire et fraternelle - à 9h30 tout sera rangé.

 

Une expérience extraordinaire pour moi qui suis timide.

Dimanche 7 juillet

(100 -101-1°) Envoyé à la mer dans une bouteille un message. Ce jour est calme: repos pour les matelots mais les officiers font toujours le quart, grand silence et personne dans les coursives.

A midi, pommes de terre avec un délicieux plat de porc et ice cream.

Lundi 8 juillet

Moi qui dors bien habituellement, sur le bateau, je suis le rythme des quarts sans raison. Le temps passe très vite et même si je suis très heureuse de retrouver les miens, j'appréhende beaucoup de quitter ce cargo.

9 et 10 juillet

J' apprécie toujours  d'être bercée par le roulis continu. C'est très bien pour mon dos qui se muscle.

Accoudée au bastingage, je profite de ces derniers regards sur le Pacifique sud.

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